• RythMots : les Dits


    RythMots : les Dits

    Genèse


    Abel et babil et violence de la première pierre
    dans mon jardin
    sans mot sans appel
    tu m'as pris pour qui voudrait te mourir de ses mains
    mais c'est moi oui qui nais sous les pierres
    - dire
    ou ne pas dire
    est-ce la question ?
    la question toujours fait suite
    à une question

    dire ou ne pas dire
    et à tâtons sous les pierres du dit
    y pêcher l'imposture de moi

    - tu sais traquer en eaux profondes
    malgré toi ou
    le sais-tu ?
    et débonder la barque à mener en bateau depuis combien loin
    depuis combien long
    long le temps d'avant que dire enfin et après tout
    après tout ce que ne pas dire ravissait à la persistance irritée du devoir être

    je me perds
    dans toi
    et j'y perds aussi
    mon mal à dire (ma maladie) car dire fait mâle

    et je veux maudire aussi le mâle à être avorté dans leurs bouches
    - faiseur d'anges de moi-même
    retors géomètre j'ai
    ma belle érigée souviens-toi Babel

    Babel abattue pierres à babil
    de l'homme ou ce qu'il est
    sous les gravats

    ta voix s'est
    diffractée en
    mille éclats
    dans mon ventre à sourdre comme
    axe
    à paroles
    à tâtons sous les pierres

    - inifinité bruissante

    par là c'est dire encore
    que Babel abattue
    en eaux profondes jamais
    plus ne sera

    par conséquent je veux coucher tout mon soûl dans ton dit

    - et ta gorge à moellons dans mon ventre
    à sourdre enfin
    et c'est moi oui qui nais dans les pierres






    Nom

    hier en nuit
    bousculé de perte à penser
    que quarante jours jamais
    n'aboliront les quarante jours, après quarante autres
    à faire festin de sable

    je
    tu
    dans l'
    œuf
    embryon d'angoisse de l'abandon
    mais s'abandonner n'est-ce
    pas là
    que naissent - Nous
    enfin ?

    mais chaque fois
    je tue dans l'
    œuf
    réflexe abortif
    "alors que Nous existions désormais"

    l'anesthésie des influx au dedans
    la répétition d'une chair
    à mots
    figée
    et la paupière
    comme étincelle
    longtemps et
    écorceuse d'entraves en moi au devenir Nous

    je brandis mon trépan
    - foret du comment taire -
    et tousse sur la bougie d'autel
    - alène artérielle à
    épandre à
    présent
    jusqu'à
    l'envie
    d'épanchement

    dans le désert à compter jusqu'au quarantième jour
    de la quarantième année


    toi ; moi
    segment - à distance